C’est comme si ma tête ne commandait plus mon corps. Mes orteils restent immobiles sous le drap malgré mes efforts. En quelque secondes, je me retrouve figée au point de ne plus être dans la capacité de bouger la moindre parcelle de mon corps. Je suis essoufflée. Pétrifiée, je compte les secondes dans ma tête pour ne pas penser à ces chaînes invisibles qui me plaquent contre mon lit. Prisonnière, telle une proie vulnérable, j’attends apeurée ma sentence. Concentrée sur mes autres sens, je me mets à l’affut du moindre bruit, mais je n’entends rien. Pas même celui des grillons ni celui du vent dans les arbres. Ma tête inclinée vers la gauche m’impose une vue sur la vitre du balcon. Quelque chose m’observe. Je vois une ombre surgir de nulle part qui s’efface aussitôt derrière la paroi vitrée. Elle semble guetter la moindre de mes réactions. Impossible de crier pour appeler à l’aide. Aucun son ne sort. Une boule infecte et amère bloque ma poitrine. Elle me brûle de l’intérieur, faisant obstacle à ma respiration. Ma salive coincée dans ma bouche m’empêche de soulager ce nœud qui se forme au fur et à mesure dans ma gorge. Son but est sûrement de torturer mon œsophage jusqu’à me faire régurgiter. Ce stress me dévore de l’intérieur comme une mort à petit feu. Sous l’emprise d’une force inconnue, je compte ces longues secondes durant lesquelles je supporte cette torture. Seule, à subir ce cauchemar dans un état de terreur, les yeux fermés, je prie pour être libérée de cette hallucination.
La suite dans le roman…
