J’écris des histoires psychologiques où le surnaturel n’est jamais décoratif.
Chez moi, la magie existe parce que le réel ne suffit pas à contenir ce qui brûle à l’intérieur des êtres.
Mes personnages portent un rôle — protecteur, prédateur, suiveur, justicier, ange noir — et s’y accrochent pour survivre.
Ils se racontent des histoires pour tenir debout, pour justifier leurs actes, pour ne pas regarder trop longtemps ce qui les traverse réellement.
Je n’écris pas leur chute.
J’écris l’instant précis où le masque ne suffit plus.
Je ne cherche pas à expliquer la magie.
Je la fais agir dans les corps :
dans la tension qui monte,
dans le désir qui dérègle,
dans la faim, la peur, la paralysie, la culpabilité.
Le surnaturel est une fonction intime, pas un système à comprendre.
Je n’écris pas pour rassurer.
Je n’écris pas pour juger.
Je n’écris pas pour sauver mes personnages.
Je laisse au lecteur la responsabilité de ressentir l’inconfort, le trouble, l’ambiguïté.
Mes récits s’arrêtent là où tout pourrait basculer.
Avant la résolution.
Avant l’excuse.
Avant la morale.
J’écris la zone grise.
Les prisons invisibles.
Les êtres puissants et fragiles à la fois.
Ceux qui contrôlent tout… jusqu’au moment où l’autre apparaît.
Si on devait dire pourquoi on lit mes histoires, ce serait pour cela :
parce qu’elles ne disent pas quoi penser,
mais laissent une trace.